Évaluer la faisabilité avant de se lancer
Tous les chiens et tous les chats ne sont pas égaux face à la cohabitation interspécifique. Analysez le tempérament de votre animal déjà présent : un chien au fort instinct de prédation (terriers, lévriers) nécessitera davantage de travail et de vigilance qu’un chien naturellement doux et sociable. Un chat très craintif ou ayant vécu un traumatisme avec un chien aura besoin d’une introduction encore plus progressive. L’âge joue également : un chaton et un chiot s’habitueront plus facilement l’un à l’autre que deux adultes avec des habitudes bien ancrées. Idéalement, adoptez chaton et chiot ensemble, ou introduisez un jeune animal auprès d’un adulte bien socialisé et tolérant.
La préparation avant la première rencontre
Plusieurs jours avant l’arrivée du nouvel arrivant, échangez les odeurs entre les deux animaux. Frottez un tissu sur le chat et placez-le près du lieu de repos du chien, et inversement. Cette familiarisation olfactive réduit la surprise et l’anxiété de la première rencontre. Aménagez l’espace en créant des zones refuges inaccessibles au chien : arbres à chat, étagères murales, pièce dédiée au chat avec barrière ou chatière. Ces sanctuaires permettront au chat de se mettre hors d’atteinte et d’observer le chien en sécurité, élément crucial pour qu’il se sente en contrôle de la situation.
La première rencontre : calme et contrôle
Le jour J, assurez-vous que le chien soit fatigué après une longue promenade, un animal épuisé est plus calme et contrôlable. Gardez-le en laisse, idéalement tenu par une personne expérimentée capable de le maîtriser instantanément. Laissez le chat circuler librement, ne le forcez jamais à s’approcher. La rencontre doit avoir lieu dans un espace neutre ou dans une pièce que le chat connaît bien, jamais dans le territoire habituel du chien qui pourrait se montrer possessif. Restez calme, ne criez pas, parlez d’une voix posée. Récompensez généreusement les comportements calmes des deux côtés : friandises pour le chien s’il reste tranquille, caresses douces pour le chat s’il n’a pas fui.
Les premiers jours : séparation et contact progressif
Ne laissez jamais chien et chat seuls ensemble pendant les premières semaines, même s’ils semblent s’entendre. Séparez-les physiquement lorsque vous vous absentez : chat dans une pièce fermée avec tout son nécessaire, chien dans une autre zone. Organisez plusieurs courtes sessions de cohabitation supervisée quotidiennement, augmentant progressivement la durée. Maintenez le chien en laisse tant qu’il manifeste trop d’excitation ou d’intérêt pour le chat. Si le chien fixe intensément le chat, aboie, tire sur la laisse ou présente des comportements de prédation (position d’affût, poursuite), interrompez immédiatement et revenez à une étape antérieure.
Éduquer le chien au respect du chat
L’éducation du chien constitue la clé de la réussite. Travaillez les ordres de base : « assis », « couché », « pas bouger », « laisse » ou « stop ». Ces commandes permettent de contrôler le chien lors des interactions avec le chat. Récompensez systématiquement l’indifférence du chien envers le chat, ignorez ou redirigez doucement les comportements trop envahissants. Ne punissez jamais de façon violente, cela augmenterait la tension et pourrait créer une association négative entre la présence du chat et la punition. Certains chiens bénéficient de séances avec un éducateur canin comportementaliste spécialisé dans les cohabitations interspécifiques.

Respecter les ressources de chacun
Installez gamelles, litière et zones de repos du chat en hauteur ou dans des espaces inaccessibles au chien. Certains chiens développent un intérêt malsain pour la litière du chat (coprophagie), problème à résoudre par l’emplacement (pièce avec chatière, meuble fermé avec accès chat uniquement) ou l’éducation. Ne laissez jamais le chien accéder à la nourriture du chat, les croquettes félines étant trop riches pour lui et créant des conflits potentiels. Chaque animal doit disposer de son propre espace de repos inviolable, où il ne sera jamais dérangé par l’autre.
Favoriser les associations positives
Créez des expériences agréables en présence l’un de l’autre. Donnez à manger aux deux animaux simultanément, chacun dans son espace mais à distance visible, pour associer la présence de l’autre à quelque chose de positif. Organisez des sessions de jeu parallèles : jouez avec le chien pendant qu’une autre personne joue avec le chat dans la même pièce. Distribuez des friandises spéciales uniquement quand les deux sont ensemble et calmes. Ces associations répétées construisent progressivement une tolérance puis, potentiellement, une appréciation mutuelle.
Signes d’une cohabitation réussie
Après quelques semaines ou mois, des signaux indiquent que la cohabitation fonctionne : le chat ne fuit plus systématiquement à l’approche du chien, les deux peuvent se croiser ou rester dans la même pièce sans tension, le chat accepte de manger, dormir et jouer en présence du chien, le chien ne fixe plus le chat intensément et peut être détaché en sa présence. Certains binômes développent même une vraie complicité : jeux partagés, toilettage mutuel, siestes communes, véritables signes d’amitié interspécifique touchants à observer.
Quand la cohabitation reste problématique
Malgré tous vos efforts, certaines associations ne fonctionnent pas. Si après plusieurs mois le chat reste terrorisé, ne sort plus de ses cachettes, refuse de manger ou développe des troubles du comportement (malpropreté, léchage compulsif), ou si le chien présente une obsession persistante malgré l’éducation, consultez impérativement un vétérinaire comportementaliste. Des solutions existent (thérapie comportementale, médication temporaire dans certains cas), mais parfois, dans l’intérêt du bien-être animal, il faut accepter que cette cohabitation particulière ne soit pas viable et envisager des solutions alternatives.
Particularités du British dans la cohabitation
Le British, grâce à son caractère posé et confiant, s’adapte souvent bien aux chiens calmes et respectueux. Sa corpulence imposante à l’âge adulte et son assurance naturelle imposent généralement le respect aux chiens de petit et moyen gabarit. Cependant, son côté indépendant fait qu’il appréciera toujours de pouvoir se retirer dans ses espaces personnels, loin de l’exubérance canine. Ne forcez jamais les interactions, le British décidera de lui-même du niveau de proximité qu’il souhaite établir avec son compagnon canin.

